Je vais vous raconter la suite de mon accident....La suite est la semaine que j'ai passé à la polyclinique....C'est un peu long à lire, je le conviens ! mdr
Je n'ai aucun souvenir donc de mon arrivée à la polyclinique à 5h30. J'ai repris connaissance quand les pompiers ont voulu me sortir du matelas coquille. Mon dieu quelle douleur j'ai pu ressentir ! Ils m'ont mise sur une table d'examen. J'ai eu vraiment très mal car ma jambe n'était plus maintenue compressée par le matelas coquille, et je me suis aperçue qu'elle avait beaucoup gonflée Et la l'infirmière me dit « on va devoir couper le jean pour l'enlever », là malgré la douleur j'ai réussi à gueuler ! Il était hors de question de couper mon Levis 501 tout neuf ! C'était peine perdue car on n'avait pas le choix. Là j'ai vu ma jambe doubler de volume par la fracture. Après trou noir total ! !
Mon beau-père (le mari de ma mère) m'a appris certaines choses plus tard vu ma perte de connaissance. A mon arrivée donc à la polyclinique, il n'y avait pas de médecin de garde. On m'a mise dans une chambre en attendant l'arrivée d'un médecin. Mon beau-père est parti chercher ma mère à 7h30 et je n'avais toujours pas vu de docteur. Ils sont revenus vers 9h et là je suis allée faire des radios. 4H sans soins ! C'est énorme !
Mon beau père m'a également dit qu'il avait appris vers 10h15 que j'avais donc une fracture du fémur et qu'on allait m'opérer vers 11h. Je ne suis remontée dans ma chambre que vers 14h30. Vers 17h, l'anesthésiste est venu dire à mon beau –père qu'on allait me réopérer car ma jambe avait énormément gonflé et que je souffrais « atrocement » d'après les dires de mon beau-père. Vers 19h, ma mère et mon beau-père n'avaient toujours pas de mes nouvelles quand là ils ont appris que j'allais subir une nouvelle intervention chirurgicale.
C'est vers 1h du matin que ma mère et mon beau-père ont pu enfin voir pour la première fois les médecins.
Le chirurgien leur a expliqué que la veine et l'artère fémorale avaient été sectionnées pendant l'accident (la suite des événements expliquera pourquoi cela est faux) et qu'il avait du faire appel à un spécialiste de la chirurgie vasculaire vers 20h. C'est là également qu'ils ont appris vers 1h30 du matin les risques que j'encourrai du à cette blessure. Je risquais de perdre ma jambe.
C'est frustrant de ne se souvenir de rien, ou juste que de certaines choses brèves sans même savoir à quelle période les rattacher dans mon séjour à la clinique polyclinique.
D'un autre côté c'est bien car là c'est que de la souffrance ! Je sais que j'étais sous morphine 24h/24h. C'était bien pour la douleur mais j'ai eu aussi de sacrées angoisses à cause de ce médicament. Le premier souvenir que j'ai et qui m'a beaucoup marqué est que je me réveille, ma mère est là et j'ai voulu bouger mes jambes mais là impossible, je ne les sentais pas, elles ne bougeaient plus ! Et là, la peur est arrivée d'un seul coup et j'ai pleuré, hurlé en criant je suis paralysée !
Un de mes souvenirs justement est qu'un soir j'étais donc sous morphine et dans mon délire je croyais que l'infirmière de nuit regardait des films d'horreur à la télévision et qu'après elle faisait subir à ses malades les pires tortures qu'elle avait vues dans son film. Quand elle est rentrée dans ma chambre j'ai eu une peur horrible d'elle...Puis j'ai du m'endormir car mon souvenir s'arrête comme ça... C'est vrai que maintenant 15 ans après j'en rigole bien mais sur le coup j'ai eu horriblement peur ! ! !
Un autre de mes souvenirs est que ma mère me faisait manger et un soir je n'ai jamais voulu manger tant que mon beau-père n'était pas là. Ca m'a toujours étonné d'avoir réagi comme ça car l'entente entre mon beau-père et moi n'était pas formidable, mais c'est peut être parce que c'est lui qui a été le plus présent auprès de moi du moment ou j'ai eu mon accident.
Une chose aussi qui me choquait, c'était la couleur de mon pied. Il était devenu bleu. Je ne comprenais pas pourquoi. Une kiné venait tous les jours me masser le pied. Sincèrement, je me demandais à quoi cela pouvait servir !
Le 23 juillet mon pied était complètement bleu m'a dis mon beau- père. Puis s'est monté jusqu'au mollet c'était bleu, froid et enflés ! Ma mère et mon beau-père ont demandé au médecin si un transfert sur l'hôpital Pellegrin de Bordeaux n'était pas envisageable, mais là le médecin leur a dit que non, qu'ils avaient tout ce qu'il fallait sur place, ils ont fait confiance au médecin ce qui est normal.
Le lendemain, ça je m'en souviens vaguement, on m'a fait un doppler (appareil Doppler utilisant un faisceau d'ultrasons permettant de mesurer la vitesse d'écoulement du sang vers les vaisseaux, et surtout son sens : vers le coeur pour un flux veineux normal ou vers les pieds pour un reflux sanguin) et là à l'écoute justement de cet examen, on n'entendait pas la circulation sanguine de l'artère. Les médecins ont donc décidé de me faire une aponévrotomie (intervention chirurgicale visant à sectionner la membrane enveloppant un muscle). Là je me souviens de mon arrivée au bloc ainsi que de la vision de mon mollet où apparaissait une plaie grande ouverte tout du long. Je me revois encore demandant au chirurgien ce que c'était tous ces petits morceaux peau noire. J'ai du l'énerver avec toutes mes questions pour qu'il m'ordonne de me taire et de me coucher sur la table d'opération où j'étais assise. Puis trou noir encore.... Malgré cette nouvelle intervention toujours pas d'amélioration, mon pied restait toujours aussi bleu et aussi froid. Mon beau-père m'a dit que je souffrais toujours énormément et que j'avais de la température.
Le lundi 29, le médecin a discuté avec ma mère et mon beau-père et leur a proposé que je sois transférée à l'hôpital de Pellegrin à Bordeaux, car ils avaient là bas un caisson à oxygène qui pourrait m'aider à refaire ma circulation sanguine.
Je me souviens de mon départ de la polyclinique de Saint George de Didonne, j'étais en pleure car je devais partir sur Bordeaux, l'infirmière m'enleva ma sonde urinaire, j'allais passer le trajet sur un bassin. J'avais qu'une peur c'était de me faire pipi dessus ! Avant que je parte dans l'ambulance, le garçon avec qui j'étais à ce moment là, m'a annoncé qu'il me quittait. J'ai compris beaucoup plus tard pourquoi il me quittait justement, d'où le fait que je ne parle pas de lui plus tôt.
J'ai donc quitté la polyclinique en début d'après midi direction le Tripode Pellegrin à Bordeaux dans le service du Professeur Boissieras au 5éme aile 2.
Voilà pour la semaine ! Trés bientôt la suite...